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L'histoire de l'assurance
(Fourni par le Bureau d'assurance du Canada)

   Prendre des risques

L'histoire de l'assurance est celle de l'évolution de la société. À mesure que l'agriculture a fait place à la croissance industrielle, il est devenu évident que l'expansion reposait sur le capital; l’argent qui serait mis à risque en vue des profits anticipés. Pour ceux qui aiment prendre des risques, l'assurance offrait une garantie que tout ne serait pas perdu à la suite d'une erreur, d'un mauvais jugement ou de malchance.

Autrefois, les marchands d'Italie et d'Angleterre qui finançaient les expéditions navales à la recherche d'épices et de soieries étaient conscients des terribles périls auxquels leurs navires s’exposaient : les pirates, les erreurs de navigation et les tempêtes mettaient leurs investissements en péril.

En Italie, toutefois, une forme primitive d'assurance maritime a été créée pour faire contrepoids à ces dangers. En 1063, les marchands du port commercial d'Amalfi élaborèrent ce que l'on a appelé le Code maritime d'Amalfi. En vertu de ce Code, tout marchand ayant perdu un navire était remboursé grâce à une cagnotte à laquelle tous les membres contribuaient. Le Code a dominé la Méditerranée pendant plus de 500 ans. Par la suite, à mesure que la puissance militaire et commerciale de la Grande-Bretagne grandissait, le besoin d'une protection d'assurance plus élaborée augmentait. En 1574, Elizabeth I autorisa Richard Candaler à instaurer une « Chambre d'assurance » dans le but d'enregistrer toutes les transactions d'assurances à Londres. Dès 1688, le café d'Edward Lloyd, rue Tower, était devenu l'emplacement officieux d'un centre prospère d'assurance maritime où les marchands, banquiers, navigateurs et assureurs se rencontraient pour y faire affaire. Toutes ces activités signifiaient que les hommes d’affaires et les marchands étaient libres d’élargir leurs champs d'activités, même de financer plusieurs navires, rassurés à l'effet qu'un seul désastre en mer ne parviendrait pas à les enrayer du monde des affaires.


   Le Fléau mortel du feu

L'assurance maritime a joué un rôle de pionnier, mais ce qui a favorisé la croissance de l’assurance, c’est le fléau mortel du feu, et une catastrophe en particulier. Cette catastrophe, le Grand Incendie de Londres en 1666, avait commencé, ironiquement, dans l'établissement du boulanger du Roi. En très peu de temps, il a dévasté les quatre cinquièmes de la ville construite en grande partie de bois, consumant plus de 13 000 résidences et 100 églises, dont la Cathédrale St.Paul.


   Des prévisions plus précises

Une nouvelle ville en briques et en pierres a commencé à renaître des cendres de Londres. En même temps, les gens ont commencé à demander une meilleure protection, une assurance contre de telles calamités. Un an après le Grand Incendie, le dentiste Nicholas Barbon, oeuvrant en vertu d'une charte accordée par Charles II, ouvrit un bureau en vue d'offrir de l'assurance incendie sur certaines résidences londoniennes. La prévision des sinistres ainsi que la tarification d'assurance devinrent plus précis. À cette époque, les primes d'assurances étaient calculées selon l’hypothèse qu'une résidence sur 200 serait incendiée tous les 15 ans. En 1680, une des premières entreprises d'assurances établissait ses primes à 2,5 % du loyer annuel pour une maison en briques et à 5 % pour une maison en bois.

Les fondements de l'assurance étaient solides. L'idée fit son chemin et à mesure que s'accrût le besoin de protection, l'assurance devint plus souple. Dès 1706, le bureau Sun Fire de Londres offrait non seulement une protection sur le contenu, mais également sur les résidences. Des sociétés d'assurance s’établirent en Écosse en 1720, en Allemagne en 1750, aux États-Unis en 1752 et au Canada en 1804. Dès les débuts, les assureurs jouaient, bien que discrètement, un rôle important dans la sécurité publique. En accordant des rabais pour des propriétés bien construites et protégées, et en pénalisant celles qui étaient présentaient un danger, les sociétés d'assurance contribuèrent petit à petit à sensibiliser les gens aux risques d'incendies et à encourager la construction de bâtiments plus sécuritaires.


   Le Canada de DE XIXe Siècle

Au début des années 1800, les richesses naturelles du Canada étaient en grande partie inexploitées, mais les villes s'agrandissaient et le commerce avec l'Europe et les États-Unis prenait de l'expansion. Le besoin d'une protection d'assurance était de plus en plus évident. La société d'assurance Phoenix ouvrit un bureau à Montréal en 1804. Cinq ans plus tard, un groupe d'hommes d'affaires d'Halifax, fiers de leur expertise de cette région et de leurs préoccupations envers leurs concitoyens de la Nouvelle-Écosse, formèrent la Halifax Fire Insurance Association (Association d’assurance incendie de Halifax). Elle devint la Halifax Insurance Company (Société d’assurance de Halifax) en 1819, soit la même année que fut créée la première société d'assurance québécoise, la Quebec Fire Insurance Company (la Société d’assurance incendie du Québec).

Quelques années plus tard, en 1836, l'assurance continua de se diversifier. Le gouvernement du Haut-Canada autorisa la création de mutuelles d'assurance appartenant aux titulaires de polices. Trois années plus tard, la Gore District Mutual Fire Insurance Company fut créée et est aujourd'hui la plus ancienne société d'assurance incendie opérée sans interruption au Canada.

À une époque où la plupart des constructions étaient en bois, l'incendie demeurait le risque principal. La vieille ville de Québec fut particulièrement durement touchée. Une grande partie de la ville fut détruite en 1815, et de nouveau en 1845; alors que plus de 2 000 immeubles furent détruits et 60 citoyens y perdirent la vie. Le risque d'incendie était tel à cet endroit que plusieurs sociétés d'assurance possédaient et opéraient leurs propres brigades d'incendie jusqu'à ce que cette responsabilité soit prise en charge par la municipalité en 1866.


   L'assurance, un mal nécessaire

Selon le rapport du Surintendant des assurances de 1905, 40 sociétés offraient l'assurance incendie au Canada. Parmi celles-ci, 17 étaient britanniques, 13 canadiennes et 10 américaines. Le revenu total des primes de cette même année se chiffrait à 14,3 millions $ pour l’ensemble des sociétés. Les indemnités des sinistres étaient de 6 millions $; ce qui est bien loin des sinistres de plusieurs millions de dollars pour lesquels l'industrie verse maintenant des indemnités de façon routinière. Parmi les chefs de file de l'industrie canadienne des services financiers en pleine évolution, l'industrie des assurances de dommages de ce pays peut considérer sa longue et pittoresque histoire avec fierté et voir en l'avenir un potentiel illimité. L'assurance sera toujours nécessaire




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